Finalement, le président de la République est un amoureux des couleurs. Selon les périodes... C'est ainsi qu'il a aimé le vert au moment de la présidentielle pour draguer les écologistes, le noir avant et après les régionales pour faire peur et attirer les électeurs d’extrême droite. Aujourd’hui c’est un bleu UMP qu’il utilise pour peaufiner son œuvre et serrer les rangs de sa majorité presque perdue.

Le problème c’est que ce bleu là, au moment d’aborder le Grenelle2 de l’environnement, il fait tâche ! Et surtout, il efface totalement le vert... Au salon de l’agriculture, le Président nous a clairement dit que l’écologie « ça commence à bien faire ». De facto, on ne parle plus de la taxe carbone, conformément aux souhaits des parlementaires de droite qui avaient affiché dès le début leur désapprobation et leur crainte d’affronter leurs électeurs sur ce sujet.

Dans la foulée, le Ministre de l’Environnement ( ?) annonce que les camions de 44 tonnes pourront désormais circuler librement sur l’ensemble du territoire. Alors que le Grenelle 1 prévoyait de privilégier les transports ferroviaires et fluvial. Là encore, le gouvernement a cédé à une revendication d’un lobby qui lui est traditionnellement favorable.

Autre écueil, le projet de loi « Grenelle 2 » prévoit un encadrement restrictif de l’installation d’éoliennes qui ne permettra pas d’atteindre les objectifs fixés, soit 25 000 MW en 2020, donc 2 000MW supplémentaires par an.

Ce ne sont là que des exemples de la mauvaise application des lois sur l’environnement qui ont été décidées par la droite. Mais on pourrait aussi parler de ce qui touche à la consommation (étiquetage, origine des produits…), de la publicité (multiplication des panneaux d’affichage) et de bien d’autres thèmes que le gouvernement refuse de prendre en compte dans ce nouveau projet de loi... de peur, vraisemblablement de froisser les "copains".

J’avais voté à l’Assemblée Nationale pour le Grenelle 1 (je le rappelle pour ceux qui me considèrent comme le pire sectaire socialiste...) parce qu’il me semblait qu’il y avait de grandes orientations préfigurant une politique ambitieuse en matière d’environnement. L’ambition de l’UMP aujourd’hui est réduite au court terme : la crise, les lobbies et les échéances électorales.

Je souhaite, comme mes collègues du groupe Socialiste, que du temps soit accordé à la discussion sur ce texte. Or, nous nous dirigeons, une fois de plus, sur un examen précipité, à la va-vite d'un texte qui est pourtant d’une importance capitale pour les générations à venir. Je le regrette vraiment.

Je préconise, aujourd'hui, à ceux qui ont fait de ce Grenelle 2 l'indigeste résumé de ce qu'il aurait dû être à l'origine, de venir parler de développement durable concerté, partagé et appliqué lors de la Conférence européenne des villes durables que j’aurai le plaisir et l’honneur d’accueillir à Dunkerque, des rencontres qui rassembleront plus de 1500 congressistes représentant 50 nations. Tous viendront parler de leurs expériences locales, sur un territoire dunkerquois qui se bat, constamment, pour remporter le pari du développement durable dans un milieu portant très industriel...