Ce qui se passe actuellement en Afrique du Sud, avec cette équipe nationale de football qui ridiculise toute la France, tous les Français, prouve bien que les joueurs de cette formation ont perdu toutes les notions qui doivent, a priori, régir leur comportement... Mais cela est-il réellement surprenant alors que depuis quelques années, les valeurs usuelles de notre société sont plus que chahutées...

Ces valeurs ne sont-elles pas mises à mal lorsque le président de la République aborde, en présence du président Metvedev, lors d'un voyage officiel en Russie, l'"Affaire Anelka"... Quel rapport avec le déplacement? Quel intérêt pour le président russe? Quelle importance donnée à ce qui aurait dû demeurer une anecdote, certes lamentable, touchant des personnes ayant depuis longtemps quitté terre... Son intervention, devant le président russe a autant couvert la France de ridicule que le comportement des joueurs de football nantis qui ne font même plus rêver les foules...

La pantalonnade sud-africaine, tragique pour l'image de la France, présente bien des points communs avec nombre de faits qui jalonnent la vie politique de notre pays depuis quelques mois où nous tentons de surnager dans un marigot où se développent, dans un redoutable bouillon de culture, vulgarité (le "casse toi pauvre c..." vaut bien l'"espèce de sale fils de p..."), arrogance, indécence, indignité...

Il n'est bien entendu pas question d'imputer directement au comportement des décideurs les plus puissants de notre pays, les errances de cette équipe de footballeurs richissimes qui vivent sur une autre planète. Mais force est tout de même de constater que cette tartufferie s'inscrit dans un véritable malaise ambiant, où les différences sociales entre les plus nantis et les plus fragiles s'accentuent de jour en jour, où les pare-feux se multiplient pour faire avaler les pilules les plus indigestes (a-t-on beaucoup entendu parler de la réforme des retraites, ces derniers jours?) où les divisions entre les Français s'exacerbent par les continuelles mises au ban de la société, au travers de discours aussi dangereux qu'incertains, de telle ou telle catégorie de la population (Instituteurs, infirmières, médecins, parlementaires, jeunes des banlieues, etc.),

On s'évertue à monter les Français les uns contre les autres et peut-être sans le vouloir, les "joueurs" de l'équipe de France de football, y contribuent. Eux qui semblant unis dans la "grève" sont avant tout transportés par des ego surdimensionnés et déchirés entre les différents clans qu'ils ont créés, clans malheureusement nés, en grande partie de leurs origines, géographiques ou même ethniques... Elle est loin la France BBB (Blacks, blancs, beurs) qui semblait en 1998 illustrer les modèles français d'intégration...

Aujourd'hui, on se bagarre, dénonçant ou soutenant les comportements déviants de tel joueur, dans des communiqués qui finiront par stigmatiser les uns et les autres, par attiser des oppositions, voire des haines et renforcer les exclusions. On le voit avec cette "affaire Anelka", les frontières de la honte ont disparu... L'arrogance du joueur exclu le prouve bien, la précipitation de ses amis du "Show Bizz" à le défendre, vaille que vaille, également... et l'on voit que l'on préfère crucifier le rapporteur de faits inadmissibles plutôt qu'en égratigner l'auteur.

Triste spectacle que celui que nous réservent, en Afrique du Sud, les supposés sportifs de l'équipe de France de football. La France en souffre comme si le peuple était finalement malade de son opium, un opium qu'aujourd'hui on ne peut que souhaiter voir partir en fumée...